Cette lueur bleue au cœur de nos paumes,
cet outil
qu'on croyait nôtre,
miroir, miroir qui renvoie ce
qu'il veut.
Depuis deux décennies, à travers des vidéos, des jeux,
des messages, des posts… nous envoyons nos données
semi-consciemment, comme autant d'offrandes qui viennent
nourrir des algorithmes. Et leurs propriétaires sont
voraces.
Ces sociétés qui nous dépouillent nous donnent en retour
une illusion de choix. Personnelle et sur mesure.
Des
camisoles de pixels.
Une collaboration passive s'est installée entre
l'utilisateur et les réseaux ; sous couvert de la
facilité, du pratique, de la prétendue possibilité des
échanges. Mais la lumière dans nos mains éclaire
surtout dans notre direction.
Qui a lu les conditions d'utilisation ?
Nous alimentons nous-mêmes les forces qui nous
désincarnent. Tout cela était déjà en marche avant que
les IA émergent. Ce sont elles désormais qui orchestrent
le manège, à des vitesses astronomiques.
L'écran n'a plus de perspectives neutres.
Car si
nous servons davantage l'objet que l'objet ne nous sert
: qui est l'outil ?